Le Camp Celtique de la Bure : entre Histoire et Mythes

Si nos Vosges sont belles elles n’en sont pas moins mystérieuses… C’est une nouvelle fois un plaisir pour moi de vous y entraîner, afin de vous présenter un de ses joyaux chargés d’histoire ! 

 Un peu d’histoire

C’est au bout d’un long chemin tracé dans l’épaisse forêt Vosgienne au Nord de Saint-Dié que nous accédons au site fortifié gaulois et gallo-romain de la Bure. Classé au titre des monuments historiques en 1982, cet éperon barré à connu l’occupation humaine entre le IIème siècle avant Jésus Christ et le IVème siècle après J.-C.

On sait que le camp de la Bure faisait partie d’un grand système défensif de la vallée de la Meurthe, le fait qu’il ait été placé sur un éperon rocheux pile au carrefour de nombreuses voies en faisait un point stratégique. Culminant à 582 mètres d’altitude, sa superficie est de 3 hectares.

Le camp était un des sites en hauteur de la vallée, tout comme son proche voisin la Pierre d’Appel qui se trouve à Etival-Clairefontaine.

Situé en territoire Leuque, on sait que les Celtes y menaient une vie tranquille dans laquelle ils se livraient à de nombreuses activités (d’après les découvertes faites sur place lors des fouilles), parmi lesquelles l’artisanat (le travail de la forge, l’extraction de la pierre…) et l’agriculture. Un grand nombre de pièces de monnaies, aussi bien gauloises que romaines, ont été retrouvées sur place.

On pense qu’une centaine de personnes environ vivaient là en temps de paix dans de solides habitations en bois capables de résister au climat local. Le camp servait aussi de refuge aux habitants des environs en cas d’invasions.

Malheureusement, il fut détruit en 353 par une invasion des Alamans (une confédération de tribus germaniques).

Une Richesse Archéologique

Le Camp de la Bure est un site archéologique majeur de la région Lorraine, il arrive même en second derrière celui de Grand ! Il a d’ailleurs connu de nombreuses campagnes de fouilles entre 1964 et 1986, menées par la Société Philomatique Vosgienne.

Leurs travaux ont permis de mettre au jour les vestiges de la vie des Gaulois, en particulier ceux d’un habitat fortifié et de son rempart, ainsi que du mur d’enceinte périphérique du camp.

Le site étant naturellement fortifié, les Celtes n’avaient eu qu’à le renforcer à l’aide entre-autre du murus gallicus (le seul mur Gaulois visible en Alsace-Lorraine).

Composé de pierres sèches, il était maintenu par un quadrillage de poutres en chêne et de broches en fer.

Le Camp Celtique de la Bure

Un grand bassin rectangulaire pour récolter les eaux de pluie à été aménagé sur le site fortifié afin de permettre un approvisionnement en eau pour ses habitants. Il a été baptisé le Bassin des Dianes en référence à l’inscription Dianis retrouvée dans son comblement. 

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Près de ce qui a été appelé le Bassin de Taranis ont été retrouvés les fragments du Cavalier à l’anguipède. Jupiter était un Dieu vénéré au camp de la Bure, et il était représenté sur au moins trois sculptures de grès érigées au sommet de colonnes au centre d’une place, comme un sanctuaire.

Jupiter brandissant la foudre, tout en chevauchant son cheval cabré qui piétine un monstre mi homme mi serpent : l’anguipède. Cette sculpture, qui a sans doute été volontairement détruite à la fin de l’occupation antique du site, symbolise la victoire de Taranis-Jupiter sur les forces du mal.

D’autres Dieux étaient également vénéré par les habitants de la Bure car des fragments de sculptures les représentant ont été découvertes sur place, comme les Déesses Mères ou encore Mercure.

Le mobilier archéologique découvert au camp de la Bure est conservé au musée Pierre-Noël de Saint-Dié des Vosges afin de le préserver. 

Le Cavalier à l'Anguipède

Cependant de fidèles reproductions sont visibles au camp, ce qui permet de garder son charme intact.

Le Culte Funéraire

Si de nos jours l’emplacement exact de la nécropole de la Bure n’a pas encore été localisé, les fouilles avaient permis la découverte d’une trentaine de stèles funéraire sur le site.

Toutes différentes en forme et en taille, ces oeuvres de grès rose des Vosges (le même qui à servi à la construction de la Cathédrale de Strasbourg) sont ornées de décors propres à la personnalité de chaque défunt.

Comme la stèle du forgeron et de son épouse, qui nous indique l’activité de cet homme avant sa mort. 

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3 autres copies stèles sont réunies à la bure, dont une stèle-maison. Elle porte l’inscription DM, abréviation de Dis Manibus, ou les Dieux Mânes – ceux qu’on vénérait en mémoire des morts.

Un stèle plaque représente un couple (art naïf), avec entre eux une torche qui symbolise leur mémoire par delà la mort.

La troisième, qui est aussi la plus petite, représente pour sa part un cheval psychopompe. Monstre mi cheval mi poisson, qui dans la mythologie gauloise avait la fonction d’assurer le grand voyage de l’âme des morts dans l’au-delà.

Beaucoup des stèles présentes à la Bure avait été réemployées par la suite dans le rempart du Bas-Empire.

Le Camp Celtique de la Bure

Des Légendes Païennes

Après la destruction du camp celtique, la nature a repris ses droits… Et ce site empli de mystères n’en restait pas moins un ancien lieu de culte païen pour les moines fondateurs des abbayes alentours (comme celle de la belle ville de Senones dont nous avons déjà abordé les légendes ici ensemble). Il n’était donc pas compliqué de lui donner la réputation d’un lieu maudit afin d’en éloigner les gens, et d’en faire oublier le passé de nos ancêtres gaulois…

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On peut d’ailleurs voir les restes de ce que l’on appelle la Croix de l’enfant, partie d’un calvaire élevé durant le XVIIIème siècle à la gloire de Jésus Christ, ayant été abîmé par la tempête de 1935. Une inscription nous dit que selon la tradition orale une croix aurait été élevée là en souvenir d’un enfant dévoré par les loups. On pense que ce serait plutôt une façon de montrer une présence chrétienne sur cet endroit païen.

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Une légende nous raconte que l’ancien camp des Romains (autre nom du camp de la Bure) était régulièrement visité par des femmes faites de lumière… Selon les anciens elles n’étaient pas des fées ou des divinités, mais plutôt des être venu faire le bien. – Peut-être étaient-elles une sorte de Dame-Blanche ?

Il paraît que c’est au moment où un prêtre est venu ériger une croix sur les lieux que les apparitions auraient cessées ! 

Conte pour enfants ou réalité ? Peu importe car ce camp dégage tout de même quelque chose de spécial…

Une énergie palpable

Si il est clair que les Celtes ont choisi cet emplacement pour des raisons stratégiques comme nous l’avons vu plus tôt, nous sommes aussi forcés de constater que l’énergie présente sur les lieux est presque palpable.

Le Camp Celtique de la Bure

Les radiesthésistes ont d’ailleurs fait des relevés intéressants sur place, et nombreux sont les visiteurs qui viennent au camp de la Bure afin de ressentir les bienfaits de ces ondes énergétiques.

Mais ces énergies nous viennent-elles d’une raison totalement explicable ? Seraient-elles dues à la géologie ? Ou alors pourraient-elles nous venir de nos ancêtres Celtes et des Dieux qu’ils ont vénérés là ?

Chacun se fera sa propre opinion, mais quoi qu’il en soit, découvrir le Camp Celtique de la Bure offrira à tous une expérience inoubliable.

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Se rendre au Camp de la Bure

Pour y accéder vous devrez passer par le côté de Saint-Dié des Vosges appelé “la Pêcherie”. Une route forestière vous conduira jusqu’à un grand parking, celui du col de la Crenée, autour duquel vous aurez l’opportunité de faire un pique-nique sur une des tables mises à disposition. Un barbecue est également sur place !

Cependant c’est à partir de là qu’il vous faudra marcher pour vous rendre au camp. N’oubliez pas de vous munir de bonnes chaussures pour arpenter ces chemins dans les bois, attention ça grimpe. On annonce environ 25 minutes de marche sur les pancartes. Le camp de la Bure est malheureusement impossible d’accès pour les personnes à mobilité réduite.

N’oubliez pas que dans le même secteur géographique nous avions déjà visité ensemble le mystérieux Lac de la Maix !

Tous ces sites acquièrent une valeur nouvelle lorsqu’on songe que depuis trois mille ans, des hommes comme nous les ont regardés avec le même amour, avec la même fierté.” Albert Ronsin – Président de la Société Philomatique Vosgienne de 1977 à 1995, et premier directeur des fouilles archéologiques au camp de la Bure.

Retrouvez la Renarde en vidéo grâce à l’épisode sur le Camp Celtique de la Bure !

 

 

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Cet article n’est en collaboration avec personne, les propos et avis n’engagent que moi 🙂 Les images et textes ne sont pas libres de droits, ce sont mes clichés et le fruit de mes recherches et connaissances personnelles.

Le Camp Celtique de la Bure